1. Sédation profonde et continue. L'administration de sédatifs (substances anti-douleurs et apaisantes) de manière « profonde et continue », autorisée par la loi Leonetti-Claeys du 2 février 2016, permet à des malades gravement atteints en phase terminale, dont la souffrance est insupportable, d'être endormis jusqu'à leur mort. Le droit à une « sédation profonde et continue », c'est « le droit de dormir pour ne pas souffrir avant de mourir », selon la formule du député Jean Leonetti (LR), également praticien hospitalier.
2. Soins palliatifs. « Les soins palliatifs sont tous les traitements médicamenteux et non médicamenteux donnés à une personne non guérissable, dont la maladie évolue et s'aggrave, conduisant à des souffrances physiques et morales », selon Benoît Burucoa, chef de service de l'unité de soins palliatifs de l'Hôpital Saint-André, à Bordeaux. Les objectifs de la médecine palliative sont le soulagement du corps, l'apaisement moral, la personnalisation de l'accompagnement du malade et des proches, pas forcément dans l'optique d'un décès imminent.
3. Euthanasie. Le terme, qui vient du grec « bonne mort », désigne l'acte d'un médecin, voire d'un tiers, « qui provoque la mort d'un malade incurable pour abréger ses souffrances ou son agonie » (définition Larousse). Le Comité consultatif national d'éthique (CCNE, organisme chargé de réfléchir aux questions éthiques) définit l'euthanasie comme « un acte destiné à mettre délibérément fin à la vie d'une personne atteinte d'une maladie grave et incurable, à sa demande, afin de faire cesser une situation qu'elle juge insupportable » (Rapport fin de vie d'octobre 2014). Dans les pays ayant adopté une législation favorable à l'euthanasie, ce terme est réservé aux situations où il existe une demande formulée par la personne malade, ce qui permet de distinguer l'euthanasie de l'homicide, qui est le fait de donner la mort à une personne qui ne l'a pas demandée.
4. Euthanasie passive et indirecte. L'euthanasie indirecte peut se définir comme le fait de donner à une personne des substances pour réduire sa souffrance avec, comme effets secondaires possibles, la mort. L'euthanasie passive est l'interruption volontaire de traitements médicamenteux ou d'appareils qui maintiennent en vie une personne, ou encore l'arrêt de l'hydratation et de l'alimentation artificielles.
5. Suicide assisté. Le suicide avec assistance médicale ou encore l'assistance au suicide « diffèrent » en principe de l'euthanasie car, dans ce cas, « l'acte létal est accompli par la personne malade elle-même », précise le CCNE.
Quelles sont les démarches ?
Des « directives anticipées ». Toute personne majeure peut, si elle le souhaite, faire une déclaration écrite appelée « directives anticipées » pour préciser ses souhaits concernant sa fin de vie. Ce document aidera les médecins, le moment venu, à prendre leurs décisions sur les soins à donner, si la personne ne peut plus exprimer ses volontés. La personne majeure sous tutelle peut rédiger des directives anticipées avec l'autorisation du juge ou du conseil de famille, s'il existe.
Comment les rédiger ? Elles doivent prendre la forme d'un document écrit sur papier libre, daté et signé. Ce document doit comporter : nom et prénom, date et lieu de naissance. Vous pouvez également demander conseil à votre médecin habituel. Si vous êtes dans l'incapacité d'écrire, vous pouvez faire appel à deux témoins, dont votre personne de confiance, pour les rédiger à votre place.
Facilement accessibles. Face à un malade qui n'est plus capable d'exprimer ses volontés, les médecins doivent chercher à savoir s'il a rédigé des directives anticipées. Il est donc important qu'elles soient facilement accessibles. Vous devez donc informer votre médecin et vos proches de leur existence et de leur lieu de conservation.
À tout moment modifiées ou annulées. Les directives anticipées ont une durée illimitée. Toutefois, elles peuvent être à tout moment modifiées ou annulées.